"Il était une fois," non, il parait qu'un jour, un type nous tombera dessus et qu'il apparaîtra dans une grande lumière qu'il est "l'homme de notre vie"!
Il parait... Je crois plutôt à une bonne vieille légende romantique qu'on nous concocte depuis l'enfance et qui nous permet de demeurer tenace dans l'espoir, téméraire dans l'attente, endurcie dans la relation. Je crois que cette histoire de Prince Charmant est un doux poison que l'on nous inocule petite pour nous conditionner à aimer n'importe qui et à n'importe quelle condition, pourvue qu'on l'ait élu "Homme de notre coeur".
Le prince charmant est un charmant propriétaire qui vous arpentera comme son domaine, il sera maître en sa demeure, seigneur sur vos terres puisque dès le début, on vous a demandé de donner les clés pour que l'Histoire d'Amour fonctionne.
Méfiez-vous de ce conte à l'eau de rose qui fleure bon l'eau croupie!
J'ai longtemps cherché le Prince, j'ai longtemps attendu le cavalier qui viendrait m'emporter, l'Homme au grand coeur, l'Homme à l'âme immense dans laquelle je pourrai me perdre à foison.
Je m'y suis perdue, une fois.
Et aujourd'hui, l'homme que j'ai décidé d'aimer est un prince des vagabonds, un va-nus-pieds sans pitié qui ne poursuit sa route que pour lui-même. De nos indépendances respectives est né un lien, de nos espaces internes est née cette vallée dans laquelle nous nous rejoignons. Certains pourraient penser que je pars au bout du monde grâce à lui, c'est faux. Je pars au bout du monde pour le bout du monde, je pars avec lui, je ne pars pas pour lui.
Le Prince Charmant est un pâle reflet de ce fantôme du premier amour, cette histoire sur laquelle vous avez forgé votre façon d'aimer, ce premier coup d'essai dans lequel vous vous êtes découvert à travers l'autre...
Le Prince Charmant n'est rien d'autre que vous-même, votre volonté d'aimer, votre certitude merveilleuse que l'Amour vaut tout, qu'il justifie tout, qu'il accepte tout. Il est votre espoir, vos folies, vos coups de sang, vos passions, il est tout ce merveilleux qui luit d'un coup pour aussitôt disparaître, il est cet éclat que l'on voudrait prolonger mais qui n'est nécessaire qu'éphémère.
Le Prince Charmant ce sont vos limites, votre respect de soi, votre joie, vos rencontres et vos sourires, il est vos larmes et vos battements de paupières, vos soupirs glissés dans les draps... Le Prince charmant c'est votre façon d'aimer, de vous aimer pour accepter que l'autre vous aime.
Le réduire à un seul ou à une seule n'est ce pas se priver de tous les possibles, de ces métamorphoses et de ses inattendus? Il est une connivence, une confiance, une connaissance, un secret, un inconnu...
Il peut-être loin, proche, il peut ne pas être votre amour, il peut ne pas faire partie de votre vie, le Prince Charmant n'est pas une seule personne, il est ce rayonnement diffus qui construit la densité de vos liens.
samedi 17 décembre 2011
dimanche 27 novembre 2011
mardi 31 mai 2011
Les rêves de chacun
Thématique
Air du temps

Je connais quelqu'un qui rêve de guérir, quelqu'un qui rêve d'une nouvelle voiture, quelqu'un qui rêve de devenir parent, quelqu'un qui rêve d'un boulot, quelqu'un qui rêve d'avoir son Bac, quelqu'un qui rêve d'un jardin, quelqu'un qui rêve de manger du chocolat, quelqu'un qui rêve d'acheter sa maison, quelqu'un qui rêvait d'une étoile quelqu'un qui rêve de quelqu'un...
Je connais aussi d'autres personnes qui ne rêvent pas pour eux-mêmes mais qui rêvent également pour tout le monde. Ils rêvent de liberté, ils rêvent de fraternité, ils rêvent de partage, d'équité, ils rêvent globalement d'un monde meilleur.
Mais qu'est ce qu'un monde meilleur?
Est-ce qu'un monde meilleur prend en considération les rêves de chacun et tente de les réaliser? Un monde meilleur ne risquerait-il pas de se transformer en Meilleur des mondes?
Il y a ce sentiment de puissance mis en commun, ce sentiment prenant de faire partie d'un tout qui se reconnait par sa situation injuste, paupérisée, précaire, méprisée, utilisée et trahie. Ce "tout" rassemble les jeunes, les oubliés du système, les exclus du système, il rassemble tous ceux qui ne trouvent pas leur compte dans la gestion actuelle de leur société nationale, transnationale et mondiale.
Ce mouvement des indignés rassemble tous les déçus de la démocratie vidée de son contenu au profit de la libération du profit comme valeur et norme de référence. Il rassemble le mécontentement latent de tous ceux qui sont devenus spectateurs de leur vie sans savoir à quel moment les manettes des décisions les concernant leur ont échappées.
Il y a cette volonté de réfléchir ensemble, pour reprendre ces fameuses ficelles qui sont en otages dans les mains de quelqu'uns qui ne travaillent pas au bien global mais à la perpétuité de leur impunité.
Mais apposer une utopie comme principe dominant et référent de la structure sociétale n'est-ce pas une façon détournée de remplacer un totalitarisme latent pour un autre?
Car voilà, ce que je vois, au delà de l'envie commune de changer le monde et de redevenir actifs dans la prise en charge de l'avenir, c'est principalement une volonté de s'insérer dans la société actuelle, une volonté devenue colère par l'impossibilité de cette insertion. Ou plutôt un dégout par rapport à cette société qui n'a pas su leur léguer les ficelles du pouvoir... Car que revendique-t on en filigrane dans ces révolutions qui prennent comme des feux de paille? On y revendique des rêves collectifs, des rêves de société déjà inventée, déjà détruite et qui essaie encore une fois de se relever de ses échecs historiques. On y revendique le droit d'être un citoyen normal, intégré, reconnu... Tout l'enjeu est là. Il me semble qu'on y revendique le droit à la normalité, qu'on veut devenir uniformes pour devenir unis. On y revendique le droit de continuer à vivre selon un mode de vie qui a pourtant et depuis longtemps montré ses limites comme ses dangers.
Alors quoi? On ne fait rien, on se laisse doucement devenir esclaves de la productivité, de l'économie croissante infinie, du capitalisme vorace? On se laisse bercer par les illusions de l'accès à la consommation et on continue d'enchaîner des petits boulots sous-payés, nos diplômes en bandoulière? NON, bien sûr que non, l'occasion est trop belle pour la laisser passer de faire assez peur pour être de nouveau craints, respectés et considérés comme la seule valeur centrale à défendre. L'occasion est trop unique pour qu'on ne saisisse pas à pleines mains cette opportunité donnée de se faire entendre et comprendre en suivant le principe pacifiste du grand Gandhi.
Mais réfléchissons bien à ce que nous souhaitons avant de briguer le pouvoir...
Les revendications teintées d'utopie solidaire, ne prennent en compte que les problèmes quotidiens de jeunes occidentaux, élevés dans l'espérance de profiter du monde et qui se retrouvent confrontés au monopole du pouvoir. Ne revendiquons pas qu'un déplacement du pouvoir depuis les classes sociales riches et les seniors vers la jeunesse et sa pauvreté exaltée!
Ne revendiquons pas seulement de devenir califes à la place des califes, sachons voir plus loin; sachons incarner le tournant nécessaire de notre ère, sachons devenir ceux qui prendront le parti de penser globalement, avec l'ensemble du monde.Et c'est là peut-être le défi le plus difficile de notre génération, celui de décentrer nos problématiques de notre nombrilisme ethnocentrique pour réintégrer dans nos systèmes de valeurs fondamentales un ensemble s'apparentant à une nouvelle cosmogonie. Que de soleils nous devenions étoiles parmi d'autres étoiles vivantes, tout aussi nécessaires que nous à l'équilibre de la vie sur Terre. Inventons nos mythes fondateurs, faisons le pas d'arrêter ce narcissisme humaniste au profit d'un équilibre qui garantirait la vie de chacun ainsi que sa possible descendance. Ouvrons la porte à ce qui n'est devenu qu'objet d'étude scientifique pour nous placer en démiurges et soyons assez courageux pour redevenir humbles...
Je connais quelqu'un qui fait ce rêve là...
mercredi 5 janvier 2011
L'âme vagabonde...
Thématique
Air du temps,
Humeurs
Qu'en est-il de cette loi injuste et passée sous silence par les médias français?
Qu'en est-il du respect de l'autre?
Loppsi 2 est passée dans l'ombre et la fausse effervescence du nouvel an.... La liberté de vivre fut abrogée un verre de champagne à la main, en tanguant sur un air encore inconnu, celui du devoir d'uniformité.
La couleur de cette nouvelle année sera incolore, la saveur fade, les rêves étroits et la pensée bridée. Telle est la volonté de ceux qui nous gouvernent, telle est leur férocité dévoilée envers ceux qui ne correspondent pas ou qui refusent de coller au schéma du bon petit citoyen consommateur et docile.
Telle est également leur haine de la différence enfin institutionnalisée, leur refus de prendre en compte dans leur société ceux qui osent proposer des alternatives...
Obliger les gens à vivre selon les règles de l'urbanisme sédentaire sous peine de détruire ce qui leur sert de maison, de repères et de lieu revient à rejeter hors de soi cette envie de mouvement qui permet à l'homme de se libérer de ses carcans.
Si l'uniformité devient loi alors la différence, la créativité, la pensée volatile et tout ce qui permet l'éclosion des idées va vers l'anéantissement.
Je me dis naïvement peut-être que la radicalisation des normes du bien pensant, bien pensé, bien vécu et bien fondé crée aussi une ligne de partage plus lisible entre deux formes de mondes qui seront peut-être un jour amenés à se combattre.
Car l'un refusera toujours l'existence de l'autre en vertu du fait qu'il viendra contrecarrer sa suprématie.
Comment éviter cela?
S'indignez? Partir? Fuir? Résister?
Prendre les marges de liberté encore admises qui demeurent pour continuer de montrer qu'une autre forme de vie est possible?
Si les huttes, les yourtes, les caravanes, les camions, les abris de fortune et les cabanes deviennent proscrites... Il reste les bateaux. Il reste ces coques de noix posées sur le roulis éternel pour faire voguer dans leurs voiles les rêves encore libres de ceux qui refusent de se soumettre.
Il reste les bateaux pour porter loin les idéaux de tous ceux qui ne pourront pas échapper à la maison, au garage, aux courses chez Ikea.
Si la terre devient terre hostile, la mer n'appartient à personne, elle est violente et intransigeante, elle n'admet pas de compromis mais se laisse séduire par les acharnés qui demandent à être apprivoisés d'elle.
Je fais donc ma demande d'adoption auprès de la mer. Laissant la terre à la bêtise de ceux qui croient encore la posséder en l'enfermant dans des petits carrés de gazon insipide.
Bonne année à vous !
N'oubliez pas de choisir votre vie à la mesure de vos rêves !
jeudi 9 décembre 2010
L'Arbre
Thématique
Portraits
Il n’est pas de magie sans quelqu’un pour y croire comme il n’est pas de beauté sans regard pour la contempler…On ne connaît pas d’emblée l’existence de ces principes pourtant simples, il faut quelqu’un pour vous les apprendre, quelqu’un pour vous les montrer, quelqu’un pour vous planter dans le cœur la force irascible des arbres et la joie permanente d’exister.
Il vous faut des pas dans lesquels marcher et courir pour comprendre le monde qui se dévoile à chaque foulée, il vous faut une ombre bienveillante au creux de laquelle on peut se reposer après l’effort.
On ne regarde pas d’emblée le vol suspendu d’un oiseau au-dessus d’un champ gelé, on ne sait pas non plus écouter le bruissement d’argent des chênes bruns de l’automne… On ne sait pas qu’en se collant à un arbre, la joue contre l’écorce noueuse et les bras écartés, on le sent battre et qu’on devient plante à son tour… Il faut quelqu’un pour vous le montrer, quelqu’un qui vous enseigne que la forêt est refuge, amie et vivante.
On ne sait pas que son corps est un condensé de forces vives qui ne cherchent qu’à grandir, que l’énergie est une flamme vivace qui croît aussitôt qu’on l’entraîne et pourrit si on la conserve enfermée en soi. Comme une onde de soleil qui se décuple chaque fois qu’on l’épuise pour se régénérer toujours plus ardemment.
On ne peut pas grandir sans être aimé, sans pouvoir chaque fois qu’on le souhaite plonger dans le bleu d’un regard toujours ouvert pour se mettre au diapason de cette force toujours présente et s’y ressourcer.
On ne sait pas sentir le parfum incomparable d’un soir d’été, la douceur fruitée des figuiers comme l’odeur mousseuse des sous-bois, il faut quelqu’un pour vous y emmener, quelqu’un comme une racine qui vous tient par la main avant de vous lancer dans l’infini du monde.
Je porte en moi la présence subtile de tous ces sentiers parcourus avec mon père, une herbe folle entre les dents, à humer l’air des crépuscules… Giono a inventé l’homme qui plantait des arbres, mon père est ce semeur insatiable, planteur de rêves, d’étoiles et de vie dans mon cœur.
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